La coopération culturelle

Depuis la découverte de la Perse par les milieux cultivés français à travers les récits de voyage de Chardin au 17ème siècle, la France et l’Iran ont un long passé d’échanges culturels. La richesse du patrimoine et de la création contemporaine en Iran, conjuguée à une véritable relance de notre coopération bilatérale depuis l’été 2015, favorise aujourd’hui des contacts extrêmement riches et diversifiés entre artistes et professionnels des deux pays, en particulier dans les domaines du cinéma, du théâtre, des arts visuels, notamment la photographie, de l’architecture et de l’urbanisme ainsi que de la musique.

1. Priorités du Service de Coopération et d’Action culturelle

Dans le domaine culturel, l’action de l’Ambassade, via le Service de Coopération et d’Action culturelle, vise donc à renforcer la présence culturelle et intellectuelle de la France en Iran et à soutenir la création contemporaine iranienne. Cet objectif se décline comme suit :

-  renforcer la présence française lors des grands festivals nationaux, notamment le festival Fajr et développer les actions culturelles en province,
-  soutenir la jeune création iranienne en accompagnant sa mise en relation avec des opérateurs internationaux (résidences, présence dans les festivals, expositions…) et la professionnalisation des milieux culturels (commissaires, galeristes…),
-  accompagner le positionnement des grands opérateurs culturels français en Iran (Louvre, Universcience, Musée des Confluences…)
-  favoriser les projets communs entre des artistes français et des artistes iraniens, notamment en favorisant les résidences artistiques et contribuant au développement de relations structurantes et pérennes entre institutions culturelles, tant au niveau des acteurs publics que privés
-  apporter informations et conseils sur les scènes culturelles en France et en Iran.

2. Présence culturelle française en Iran

Dans le domaine du théâtre, la France était l’invitée d’honneur du festival de théâtre Fajr pour sa 35ème édition en 2017 (avec le spectacle de rue Take-off de la compagnie Tacotac sur le parvis du théâtre de la ville ; le spectacle Index de la compagnie Pyramid ; la coproduction franco-iranienne Au-delà des mots des compagnies Litecox et Zendeghi). Le festival a par ailleurs accueilli le dramaturge Christian Siméon (Prix Molière) pour une conférence sur l’écriture dramaturgique, en coopération avec l’université Azad. De nombreux autres projets sont en cours, notamment avec des compagnies privées comme celle de l’institut culturel Fanous.

Cette richesse des échanges franco-iraniens dans le domaine du théâtre a conduit le théâtre de la ville de Paris à nouer un partenariat, sur trois ans, avec le théâtre de la ville de Téhéran, prévoyant des traductions d’ouvrages, des échanges de spectacles ainsi que de l’échange d’expertise.

La diffusion du cinéma français figure également parmi les priorités de l’Ambassade. A la suite du succès rencontré par la première Semaine du cinéma français présentée à la Cinémathèque du Musée d’art contemporain de Téhéran, conçue par le critique Jean-Michel Frodon et consacrée en 2016 aux héritiers de la Nouvelle vague (qui a été présentée au public de Shiraz en avril 2017), une seconde édition, autour des enfants dans le cinéma, a été présentée au public téhéranais en avril 2017. Fin novembre, la Semaine « Action, elles tournent » consacrée aux femmes cinéastes de France et d’Iran, alliant projections et ateliers de formation, a été présentée à la Maison des Artistes de Téhéran, avec le soutien de l’Institut français. En 2017, le festival international du film Fajr, a comme chaque année fait la part belle à notre cinéma et invité de nombreux professionnels du cinéma, en particulier les responsables d’Unifrance, avec lesquels des projets de coopération sont en cours. Des projets sont également en cours avec la Maison des artistes à Téhéran ainsi que le groupe de cinéma Art et Essai, en province.

Au-delà de la diffusion, une place importante est accordée aux partenariats structurants dans le domaine du cinéma. Dans le cadre de la coopération avec la nouvelle école nationale de cinéma iranienne, un atelier d’écriture scénaristique a été dirigé par le réalisateur et scénariste Jacques Akchoti (intervenant à la FEMIS), en partenariat avec le centre du cinéma documentaire et le réalisateur Nader Takmil Homayoun.

Dans le domaine musical, la France était représentée au festival Fajr en 2017 par le talentueux groupe de jazz de Guillaume Perret dont le concert a été chaleureusement accueilli par le public iranien ainsi que par le violoncelliste Yann Merker. Le pianiste François Couturier participera par ailleurs au festival de jazz Show of hands, organisé par l’organisation musicale Hermes, du 14 au 17 septembre 2017. Des projets ambitieux, comprenant une programmation importante en province, notamment à Shiraz en coopération avec le centre culturel Shahre Aftab, sont prévus pour 2018 : venue de Manu Katché et du Trio Chausson dans le cadre du festival Fajr ; programme de coopération de l’ensemble TM+ ; concerts et Master class de l’Ensemble intercontemporain au printemps 2018…

S’agissant des arts visuels, l’Ambassade s’efforce en particulier de développer les résidences d’artistes français en Iran, en partenariat, notamment, avec les résidences Kaaf, Kooshk et Pejman. La fondation Pejman, après avoir accueilli pendant plusieurs mois l’artiste Neïl Beloufa, a inauguré son tout nouvel espace, le centre culturel Argo, fruit de la réhabilitation d’un ancien site industriel, par une exposition de l’artiste, qui a rencontré un grand succès, en janvier 2017. Ont également été accueillis récemment, dans la résidence Kooshk, liée à la galerie Mohsen, Esmeralda Kosmatopoulos, Raphaël Moreira et Naïmé Perrette. Les arts digitaux prennent une place croissante dans ces échanges à travers la participation d’une dizaine d’artistes français à la 7ème édition du festival TADAEX en décembre 2017.

L’échange d’expertise est également favorisé par la participation de professionnels à des colloques et ateliers. Ainsi, ont participé au programme annuel Tehran Art Management Program, la directrice de la Cité internationale des arts, Bénédicte Alliot, en octobre 2016 et la commissaire d’exposition Odile Burluraux (Musée d’art Moderne de Paris) en septembre 2017. La commissaire d’exposition Michket Krifa, spécialiste de la photographie au Moyen-Orient, a participé à la réunion du réseau Res Artis, qui s’est tenue à Téhéran en novembre 2016 et animé une conférence sur le commissariat d’exposition à la Maison des artistes. Dans le cadre du fonds d’Alembert de l’Institut français, l’Ambassade et l’Institut français de recherche en Iran ont organisé les journées d’études « Mobilités humaines et Création » les 12 et 14 novembre 2017, en partenariat avec l’institut Kaaf à Téhéran et la maison safavide à Ispahan.

L’urbanisme et l’architecture figurent parmi les secteurs de coopération franco-iranienne privilégiés. A la suite du colloque Construire la ville durable, organisée en partenariat avec l’université Tarbiat Modarres, en octobre 2016, avec le soutien de l’Institut français à travers le Fonds d’Alembert, une table-ronde réunissant architectes français et iraniens sur l’architecture des espaces culturels s’est tenu au collège des Beaux-arts de l’Université de Téhéran le 30 octobre 2017, parallèlement à une exposition mise à disposition par l’association AFEX (Architectes français à l’export), présentée sur le pont Tabiat qui accueillait pour la première fois une manifestation culturelle. Enfin, l’Ambassade soutient le projet de création de jardins filtrants -s’appuyant sur le réseau des qanats historiques de la capitale iranienne – porté par l’organisation Hydrocity, en partenariat avec la mairie de Téhéran et la Maison de la Culture d’Amiens, avec le soutien de l’Institut français.

S’agissant du débat d’idées, l’Institut français de recherche en Iran, en partenariat avec le centre de langue et littérature persane et la revue Bokhara, a participé le 26 janvier 2017 à l’événement mondial La Nuit des Idées, porté par l’Institut français en organisant une Nuit du voyage littéraire dédiée aux influences croisées entre écrivains français et iraniens.

Dans le domaine du livre et de l’écrit, depuis 27 ans, les Programmes d’aide à la publication de l’Institut français à Paris ont contribué à la traduction et à la publication de plus de 20 000 titres d’auteurs français et francophones dans 75 pays. Ces programmes bénéficient aux éditeurs étrangers désireux d’ouvrir leur catalogue à des textes d’auteurs francophones via la traduction. Chaque année, les éditeurs iraniens peuvent déposer leurs dossiers sur le site de l’Institut Français, par l’intermédiaire du service culturel de l’ambassade de France en Iran, pour pouvoir bénéficier d’une aide à la cession de droits. En 2016, deux ouvrages de Michel Foucault et quatre livres pour enfants ont bénéficié de ce programme.

Au cœur de la relation franco-iranienne, l’Institut français de Recherche en Iran publie par ailleurs régulièrement des ouvrages de recherche, en français et en persan essentiellement, dans le cadre notamment de la prestigieuse Bibliothèque iranienne. Il dispose également d’une remarquable bibliothèque de recherche.

Le Centre de Langues de Téhéran (Institut français), bénéficie également d’une très belle et riche médiathèque.

En matière de coopération muséale et archéologique, la France dispose d’un long passé de recherches archéologiques en Iran : Jacques de Morgan, fondateur de la « Délégation archéologique en Perse » (1897), André Godard, qui a notamment construit, dans un style néo-sassanide, le premier musée archéologique en Iran (1937), ou Jean Perrot (mort en 2012), dont les travaux sur le palais de Darius à Suse ont acquis une renommée internationale, sont connus de tous.

Le musée du Louvre, qui a signé en janvier 2016 un accord de coopération avec l’Iran, dans le cadre de la visite du Président Rohani en France, prévoit de nouvelles initiatives, dans le domaine de la formation comme dans celui d’expositions, en France et en Iran, le Président du Louvre s’étant rendu en mai 2016 en Iran pour engager ces nouveaux projets. Au printemps 2018, deux expositions se tiendront respectivement en France et en Iran :

-  L’art Qadjar, au Louvre Lens
-  Le Musée du Louvre à Téhéran, Trésors des collections nationales françaises, au Musée national d’Iran.

Trois missions archéologiques franco-iraniennes sont par ailleurs en cours : le programme Pélaoanthropologique franco-iranien, sous la direction de Gilles Bérillon, Hamed Vahdati Nasab et Asgar Asgari Khaneghah d’une part et la mission archéologique Shiraz (Pasargades), sous la direction de Sébastien Gondet et Kourosh Muhammadkhani. Une troisième mission franco-iranienne a vu le jour en 2016, à Bam, sous la direction côté français, de Benjamin Mutin.

3. Promotion de la diversité culturelle : appui à la mise en place de manifestations et réseaux franco-iraniens

En France, plusieurs institutions ont présenté dans un passé récent ou programment régulièrement des productions ou artistes venant d’Iran. Ainsi à Paris, le Théâtre de la Ville programme chaque saison des chanteurs et formations musicales iraniens ; « Paris photo » accueille des galeries téhéranaises. En 2017, pour sa 48ème édition, les Rencontres d’Arles consacrent une exposition majeure à la photographie iranienne intitulée Iran année 38 dont la direction artistique est assurée par Mmes Anahita Ghabaian et Newsha Tavakolian.

Le festival de Cannes joue depuis le début des années 90 un rôle important dans la consécration internationale de plusieurs de grands réalisateurs iraniens. A la suite des deux prix remportés par Asghar Farhadi en 2016 pour son film Le Client (Prix du scénario et Prix d’interprétation masculine), la 70ème édition du festival a de nouveau récompensé les cinéastes iraniens en 2017. Le prix Cinéfondation reçu par deux jeunes talents de la toute nouvelle école nationale de cinéma iranienne (Bahman et Bahram Hajaboullou) pour le film Animal mérite d’être tout particulièrement relevé.

Au-delà, les cinéastes iraniens sont très présents dans la plupart des grands festivals ayant lieu en France. A titre d’exemple, le documentariste Mehrdad Oskouei a obtenu plusieurs prix en France (Résistances-Foix en 2017 ; Images en bibliothèques et Festival international Jean Rouch en 2016) pour son documentaire Les rêves sans étoile.

En outre, l’Ambassade et le centre de langue française apportent leur soutien, depuis sa création, au festival Cinéma(s) d’Iran présidée par le réalisateur Nader Takmil Homayoun, qui vise à faire mieux découvrir les jeunes talents iraniens au public français. La cinquième édition, qui s’est tenu du 14 au 20 juin 2017, a présenté une programmation autour de l’amour à l’iranienne.

Dans le domaine du théâtre, la 70ème édition du festival d’Avignon, qui accueillait en 2016 plusieurs étudiants iraniens dans le cadre du programme Culture Lab, a mis à l’honneur le théâtre iranien avec la présentation en compétition officielle de la pièce Hearing du talentueux metteur en scène Amir Reza Koohestani.

Enfin, parallèlement au partenariat liant directement le Musée d’art contemporain de Téhéran à la Cité internationale des Arts à Paris, l’Ambassade apportera, son soutien, en 2018, au programme de résidences à la Cité porté par l’Institut français. En 2017, quatre artistes iraniens, sélectionnés à partir de plus de 300 candidatures, parmi lesquels une illustratrice, un graphiste, une sculptrice et une peintre, avaient participé à ce programme./.

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Dernière modification : 03/12/2017

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