La coopération culturelle

Depuis la découverte de la Perse par les milieux cultivés français à travers les récits de voyage de Chardin au 17ème siècle, la France et l’Iran ont un long passé d’échanges culturels. La richesse du patrimoine et de la création contemporaine en Iran favorise aujourd’hui des contacts riches et diversifiés entre artistes et professionnels des deux pays, en particulier dans les domaines des arts visuels, du cinéma, du théâtre, de l’architecture et de l’urbanisme, de la musique ainsi que des résidences d’artistes.

1. Priorités du Service de Coopération et d’Action culturelle
Dans le domaine culturel, l’action de l’Ambassade, via le Service de Coopération et d’Action culturelle, vise à renforcer la présence culturelle et intellectuelle de la France en Iran et à soutenir la création contemporaine iranienne. Cet objectif se décline comme suit :
-  renforcer la présence française lors des grands festivals nationaux, notamment le festival Fajr et développer les actions culturelles en province,
-  soutenir la jeune création iranienne en accompagnant sa mise en relation avec des opérateurs internationaux (résidences, présence dans les festivals, expositions…) et la professionnalisation des milieux culturels (commissaires, galeristes…),
-  accompagner le positionnement des grands opérateurs culturels français en Iran (Louvre, Musée des Confluences, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, Palais de Tokyo…),
-  favoriser les projets communs entre des artistes français et des artistes iraniens, notamment en favorisant les résidences artistiques et contribuant au développement de relations structurantes et pérennes entre institutions culturelles, tant au niveau des acteurs publics que privés,
-  apporter informations et conseils sur les scènes culturelles en France et en Iran.

2. Présence culturelle française en Iran
Dans le domaine des arts visuels, de nombreuses expositions d’artistes français se tiennent à Téhéran et en province. Plus de trente artistes ont ainsi vu leur travail apprécié en 2018 et 2019 dans des domaines variés : les photographies d’Alain Ceccaroli à Téhéran et en province, les affiches du graphiste Thomas Huot-Marchand à l’occasion du treizième hommage au père du graphisme iranien, Morteza Momayez, l’illumination de la tour Azadi aux couleurs de la France par l’artiste Stéphane de Gérando ou encore les performances du duo de plasticiens « Les Fujaks » dans plusieurs villes d’Iran. L’Ambassade de France a, en outre, soutenu chaque édition de la Teer art fair et Teer art week d’Iran depuis sa création en 2018, évènement majeur qui permet de donner une grande visibilité à la création contemporaine iranienne. Les arts digitaux prennent une place croissante dans ces échanges à travers la participation de plusieurs artistes français aux différentes éditions du festival TADAEX qui se tient au mois de novembre à Téhéran.
Dans le domaine du théâtre, la présence de troupes françaises au festival Fajr théâtre et au festival de théâtre d’Hamedan est assurée chaque année et souvent distinguée, à l’instar de la pièce Les Mizérables de la troupe Krizo qui a remporté le prix du public du festival d’Hamedan en 2018 et du théâtre des Amandiers, récipiendaire du prix du festival Fajr 2018.
La diffusion du cinéma français figure également parmi les priorités de l’Ambassade. Après le succès de la première Semaine du cinéma français présentée à la Cinémathèque du Musée d’art contemporain de Téhéran, conçue par le critique Jean-Michel Frodon en 2016 cette manifestation est devenue un rendez-vous annuel et des projections ont également eu lieu à Shiraz et Tabriz. L’opération « Action, elles tournent » consacrée aux femmes cinéastes de France et d’Iran, alliant projections et ateliers de formation, présentée à la Maison des Artistes de Téhéran avec le soutien de l’Institut français a constitué un grand succès de l’année 2018. Enfin, chaque année, le festival international du film Fajr fait la part belle à notre cinéma et invite de nombreux professionnels du cinéma, comme la réalisatrice Julie Bertuccelli qui a animé plusieurs conférences en 2019.
Dans le domaine musical, la France est régulièrement représentée au festival Fajr (en 2017 par le talentueux groupe de jazz de Guillaume Perret et par le violoncelliste Yann Merker dont les concerts ont été chaleureusement accueillis par le public iranien ou encore en 2018 par le concert exceptionnel de Manu Katché et du Trio Chausson). En 2019, le quatuor à cordes classiques « Eluard » a donné des concerts exceptionnels à Téhéran et Shiraz, alliant musique française, perse et arménienne et le chef d’orchestre Nicolas Krauze a été longuement acclamé à l’occasion des concerts de l’orchestre symphonique de Téhéran qu’il a dirigé à la prestigieuse salle Vahdat. En outre, chaque année, des musiciens français participent à des rendez-vous musicaux à la renommée importante (festival Show of hands, festival Sazzbuzz).
S’agissant des échanges d’expertise, l’Ambassade cherche activement à développer les résidences d’artistes : d’une part, les résidences d’artistes français en Iran en partenariat avec les résidences Kaaf, Kooshk et Kandovan à Téhéran et Maison Safavide à Ispahan ; et d’autre part, les résidences d’artistes iraniens en France en particulier à la Cité internationale des arts (où l’Iran figure parmi les pays les mieux représentés) mais aussi en province. L’échange d’expertise est également favorisé par la participation de professionnels de la culture (directeurs de centres culturels, critiques d’art, commissaires d’exposition et galeristes) à des colloques et ateliers en Iran ainsi qu’au programme annuel Tehran Art Management Program pour rencontrer des acteurs locaux de la scène culturelle iranienne.
La coopération entre le musée du Louvre et le Musée national d’Iran, initiée en 2016, a donné lieu à deux expositions patrimoniales d’envergure en 2018 qui ont constitué de très grand succès : « L’Empire des roses », consacrée à l’art Qadjar, au Louvre Lens et « Le Louvre à Téhéran », au Musée national d’Iran présentant des chefs d’œuvres des collections nationales françaises.
En matière de coopération muséale et archéologique, la France dispose d’un long passé de recherches archéologiques en Iran : Jacques de Morgan, fondateur de la « Délégation archéologique en Perse » (1897), André Godard, qui a notamment construit, dans un style néo-sassanide, le premier musée archéologique en Iran (1937), ou Jean Perrot (mort en 2012), dont les travaux sur le palais de Darius à Suse ont acquis une renommée internationale, sont connus de tous.
L’urbanisme et l’architecture figurent également parmi les secteurs de coopération franco-iranienne privilégiés. A la suite du colloque « Construire la ville durable », organisé en partenariat avec l’université Tarbiat Modarres, en octobre 2016, avec le soutien de l’Institut français à travers le Fonds d’Alembert, une table-ronde réunissant architectes français et iraniens sur l’architecture des espaces culturels s’est tenu au collège des Beaux-arts de l’Université de Téhéran à l’automne 2017, parallèlement à une exposition mise à disposition par l’association AFEX (Architectes français à l’export), présentée sur le pont Tabiat qui accueillait pour la première fois une manifestation culturelle.
Dans le domaine du livre et de l’écrit, depuis près de 30 ans, les Programmes d’aide à la publication de l’Institut français à Paris ont contribué à la traduction et à la publication de plus de 20 000 titres d’auteurs français et francophones dans 75 pays. Ces programmes bénéficient aux éditeurs étrangers désireux d’ouvrir leur catalogue à des textes d’auteurs francophones via la traduction. Chaque année, les éditeurs iraniens peuvent déposer leurs dossiers sur le site de l’Institut Français, par l’intermédiaire du service culturel de l’ambassade de France en Iran, pour pouvoir bénéficier d’une aide à la cession de droits. Plusieurs ouvrages ont déjà bénéficié de ce programme, en particulier des œuvres de Michel Foucault, Patrick Modiano et Amélie Nothomb ainsi que de livres pour enfants.
Au cœur de la relation franco-iranienne, l’Institut français de Recherche en Iran publie par ailleurs régulièrement des ouvrages de recherche, en français et en persan essentiellement, dans le cadre notamment de la prestigieuse Bibliothèque iranienne. Il dispose également d’une remarquable bibliothèque de recherche.
Le Centre de Langues de Téhéran (Institut français), bénéficie également d’une très belle et riche médiathèque.

3. Promotion de la diversité culturelle : appui à la mise en place de manifestations et soutien à la coopération franco-iranienne
En France, plusieurs institutions programment régulièrement des productions ou artistes venant d’Iran.
Les cinéastes iraniens sont ainsi très présents dans la plupart des grands festivals ayant lieu en France. Le festival de Cannes joue depuis le début des années 90 un rôle important dans la consécration internationale de plusieurs de grands réalisateurs iraniens. A la suite des deux prix remportés par Asghar Farhadi en 2016 pour son film Le Client (Prix du scénario et Prix d’interprétation masculine), le festival de Cannes a de nouveau récompensé les cinéastes iraniens en 2017 (prix Un certain regard pour Un homme intègre de Mohammad Rasoulof) et en 2018 (ouverture du festival avec Everybody knows d’Asghar Farhadi et prix du jury pour Trois visages de Jafar Panahi). Le prix Cinéfondation reçu en 2016 par deux jeunes talents de la toute nouvelle école nationale de cinéma iranienne (Bahman et Bahram Hajaboullou) pour le film Animal mérite d’être tout particulièrement relevé. En outre, l’Ambassade et le Centre de langue française apportent leur soutien, depuis sa création, au festival Cinéma(s) d’Iran présidée par le réalisateur Nader Takmil Homayoun, qui vise à faire mieux découvrir les jeunes talents iraniens au public français. Enfin, la « Fabrique des cinémas du monde » de l’Institut français accueille régulièrement des cinéastes iraniens parmi lesquels Masoud Bakshi en 2016 ou encore Emad Aleebrahim Dehkordi en 2018.
Dans le domaine du théâtre, la 70ème édition du festival d’Avignon, qui accueillait en 2016 plusieurs étudiants iraniens dans le cadre du programme Culture Lab, a mis à l’honneur le théâtre iranien avec la présentation en compétition officielle de la pièce Hearing du talentueux metteur en scène Amir Reza Koohestani et de la pièce Summerless du même metteur en scène en 2018.
La photographie iranienne jouit d’une belle notoriété en France. Ainsi, en 2017, pour sa 48ème édition, les Rencontres d’Arles ont consacré une exposition majeure soutenue par l’Ambassade de France en Iran, à la photographie iranienne intitulée « Iran année 38 » dont la direction artistique était assurée par Mmes Anahita Ghabaian et Newsha Tavakolian. Le festival « Paris photo » accueille, en outre, chaque année des galeries téhéranaises./.

Dernière modification : 29/12/2019

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